Pourquoi l'altitude modifie ce que l'on voit
Une heure de coucher du soleil publiée est calculée pour un point au sol, en général une ville, et correspond au moment où le soleil semble rejoindre un horizon plat en ce lieu. Un passager en altitude de croisière observe depuis une tout autre position. Le point de vue est plus haut, l'appareil se déplace à plusieurs centaines de kilomètres à l'heure, et l'horizon visible depuis le hublot est plus lointain et plus bas que depuis une rue.
C'est pourquoi un coucher de soleil calculé pour le sol ne peut pas être recopié dans un plan de vol comme si la hauteur et le déplacement de l'appareil ne changeaient rien. L'horaire affiché sur un téléphone répond à la question pour un point fixe, alors qu'en vol la question concerne un point mobile.
Cette page expose l'astronomie et les conséquences pratiques pour les personnes qui jeûnent. Elle ne rend aucun avis sur le moment où commencer ou rompre le jeûne dans les airs : cela relève d'un savant qualifié, et les pages voisines sur la rupture du jeûne en vol et sur le jeûne à travers les fuseaux horaires traitent plus en détail l'aspect religieux.
La direction et la route déterminent la durée de lumière rencontrée
La Terre tourne sous l'appareil, et le vol va dans le sens de cette rotation ou à son encontre. Voler vers l'est conduit vers l'obscurité et raccourcit la journée vécue, tandis que voler vers l'ouest prolonge la présence de la lumière et peut étirer un seul coucher de soleil sur de nombreuses heures. La route, la latitude et l'heure de départ décident de ce que l'on obtient.
Pourquoi une correction fixe ne fonctionne pas
Il est tentant d'ajouter un nombre fixe de minutes à l'horaire d'une ville pour tenir compte de l'altitude. Ce serait trompeur, car la lumière rencontrée dépend de l'endroit où se trouve l'appareil à chaque instant et de la vitesse à laquelle il traverse la journée. Deux vols partis du même aéroport à des saisons différentes peuvent donner des résultats très éloignés.
Un vol à haute latitude, en été comme en hiver, ajoute une difficulté supplémentaire : le soleil peut à peine se coucher au sol, et le passage du jour à la nuit peut être lent et peu marqué.
Lever et coucher apparents, et réfraction
L'atmosphère terrestre courbe la lumière, si bien que le soleil reste visible alors qu'il se trouve géométriquement un peu sous l'horizon. Les calculateurs qui donnent le moment apparent du lever ou du coucher tiennent compte de cet effet ; le NOAA Solar Calculator présente d'ailleurs ses résultats de cette façon, avec le lever apparent, le coucher apparent et le midi solaire pour un lieu et une date choisis.
Cette formulation a son importance. Un simple coup d'œil à une carte basique ou à un widget météo peut reposer sur une définition plus simple, et l'écart peut atteindre quelques minutes. Un calcul conçu pour un observateur fixe au sol n'est pas non plus le même qu'un calcul conçu pour un observateur mobile dans les airs.
Le NOAA précise aussi que son calculateur est destiné à la recherche et au divertissement, et que les valeurs observées peuvent différer en raison des conditions atmosphériques. Il faut le considérer comme une aide à la planification. La page ne dit rien des observateurs à bord d'un avion, et elle ne propose aucune case pour la hauteur de l'observateur.
L'aube et le lever du soleil sont deux repères distincts
Ceux qui préparent le suhoor lisent parfois une heure de lever du soleil et la prennent pour le début du jeûne. Or l'aube, c'est-à-dire le début de la lumière du matin, précède le lever du soleil, et c'est la définition de l'aube que la plupart des calendriers de jeûne retiennent pour le début de la journée. Le lever du soleil est un événement plus tardif : celui où le bord supérieur de l'astre apparaît.
Les institutions calculent l'aube avec des angles solaires différents, de sorte que deux calendriers sérieux peuvent s'écarter de plusieurs minutes. Quand on relève une heure dans une application, il faut savoir quelle méthode elle utilise et si elle correspond à celle de sa mosquée ou de son savant.
- Aube : début de la première lumière, pertinent pour le commencement du jeûne.
- Lever du soleil : apparition visible du soleil, plus tardive que l'aube.
- Coucher du soleil : disparition visible du soleil, pertinent pour la rupture du jeûne.
- Crépuscule après le coucher : phase distincte, pertinente pour certains horaires de prière.
Ce que le voyageur qui jeûne peut retenir sans risque
Des instances savantes se sont penchées sur le jeûne à bord d'un avion, et leurs réponses s'intéressent à l'endroit où se trouve réellement le voyageur à ce moment-là. Le Bureau du mufti des Territoires fédéraux de Malaisie conseille par exemple que la personne qui poursuit son jeûne en vol le rompe au coucher du soleil à l'emplacement actuel de l'appareil, quelle que soit l'heure indiquée dans la ville d'origine ou dans le pays survolé. Il retient l'observation directe comme base, et précise qu'une annonce de l'équipage fondée sur l'heure locale peut aussi servir de référence.
Lorsque les nuages ou l'inclinaison de l'appareil cachent le soleil, le même article cite un savant qui recommande de chercher des signes de l'approche de la nuit, comme l'obscurité qui monte de l'horizon est. Savoir si ces méthodes conviennent, et quelle école l'on suit, relève d'un savant. Les pratiques et les conclusions diffèrent, et un voyageur dont l'itinéraire est particulier doit poser la question avant le départ.
Se méfier de la fausse précision des outils génériques
Un calculateur de ville donne un chiffre à la minute près qui paraît exact, et cette précision peut tromper lorsqu'on l'applique à un avion en mouvement. Une petite erreur sur la position, l'altitude ou la définition employée peut décaler le résultat de plusieurs minutes, et la vraie réponse peut dépendre de ce que l'on voit depuis la cabine.
Certaines compagnies indiquent qu'elles calculent les horaires en vol pour le mois sacré à partir de la position et de l'altitude de l'appareil. Si le transporteur affirme le faire, il faut lire son explication et demander comment les heures seront communiquées. S'il ne publie aucune méthode, il faut supposer que l'on devra s'appuyer sur sa propre préparation et sur des conseils de confiance.
Utiliser les outils pour ce qu'ils font bien
Les horaires par ville sont précieux avant et après le vol, pour le suhoor à la maison et pour l'iftar à l'arrivée. Le calculateur du NOAA et les outils comparables conviennent pour comprendre le déroulement de la journée au sol. Pour la partie aérienne, leurs résultats sont une information de fond, et non une réponse définitive.
Les itinéraires inhabituels demandent un avis plus tôt
Certains trajets rendent les horaires ordinaires particulièrement peu fiables. Les routes polaires ou proches du pôle, les très longs vols vers l'ouest qui restent en plein jour sur la majeure partie du trajet, et les itinéraires traversant de nombreux fuseaux horaires en quelques heures peuvent produire une journée qui ne correspond à aucun horaire au sol.
Si l'itinéraire est de cette nature, il faut parler à un savant avant de partir et lui décrire le numéro de vol, l'heure de départ, la route et les éventuelles escales. On lui demandera quoi suivre, comment noter les heures et que faire si le soleil reste invisible. Obtenir la réponse à l'avance est plus fiable que de chercher à la déduire devant le hublot.
Les questions médicales sont un sujet à part. Toute personne malade, enceinte ou sous traitement régulier doit consulter un médecin au sujet du jeûne pendant un voyage.
Liste de contrôle pour un vol qui traverse un lever ou un coucher de soleil
- Noter les heures de départ et d'arrivée avec leurs fuseaux horaires, ainsi que la position probable de l'appareil au coucher du soleil ou à l'aube.
- Relever les heures au sol des villes de départ et d'arrivée, selon la méthode que suit son savant.
- Demander à son savant quel lieu ou quelle méthode suivre en vol, et noter la réponse.
- Vérifier si la compagnie publie des informations sur les horaires en vol, et demander poliment à l'équipage quelle annonce attendre.
- S'asseoir du côté de l'appareil qui offre une vue sur l'horizon si l'on compte observer le soleil, même si le placement n'est jamais garanti.
- Garder de l'eau et une datte à portée de main au cas où il faudrait rompre le jeûne.
- Si le soleil est invisible ou si la situation est confuse, ne pas deviner : suivre les conseils reçus ou contacter son conseiller.
Questions fréquentes
Le soleil se couche-t-il plus tard quand on est en altitude dans un avion ?
En général, le soleil reste visible plus longtemps depuis un point de vue élevé, car l'horizon est plus bas et plus lointain. L'ampleur de l'effet dépend de l'altitude, de la route et du sens du déplacement : aucun chiffre unique ne s'applique. L'horaire d'une ville ne sert que de guide de planification, et c'est à un savant qualifié qu'il revient d'indiquer quelle heure suivre dans les airs.
Puis-je utiliser une application de coucher du soleil pendant un vol ?
Une application donne une heure pour un point fixe au sol, généralement selon une méthode et un angle déterminés. Elle ne tient pas compte d'un avion qui se déplace vite, et sa précision peut paraître plus fiable qu'elle ne l'est. Elle peut servir à la préparation ; pour la partie aérienne, il faut voir comment son savant ou la compagnie conseille de procéder.
Quelle est la différence entre l'aube et le lever du soleil pour le jeûne ?
L'aube est le début de la première lumière et précède le lever du soleil, qui correspond à l'apparition du bord du soleil. Les calendriers de jeûne font normalement commencer le jeûne à l'aube. Les institutions utilisent des angles différents pour la calculer : il faut donc vérifier la méthode de son calendrier et s'en tenir à celle que recommande son savant.
Quel lieu faut-il suivre pour rompre le jeûne en vol ?
Les instances savantes donnent des réponses centrées sur la position réelle du voyageur au coucher du soleil. Le Bureau du mufti des Territoires fédéraux de Malaisie, par exemple, conseille de rompre le jeûne au coucher du soleil à l'emplacement actuel de l'appareil, et non dans la ville d'origine. Les écoles divergeant, il faut confirmer la démarche auprès de son propre savant.
Que faire si des nuages cachent le soleil depuis le hublot ?
Les nuages ou la position de l'appareil peuvent empêcher l'observation directe. Un savant cité par le Bureau du mufti de Malaisie recommande de chercher d'autres signes de la nuit, comme l'obscurité qui monte de l'horizon est, et les annonces de l'équipage peuvent également aider. En cas de doute persistant, il faut interroger son conseiller avant le voyage pour obtenir une indication adaptée à son itinéraire.






