En bref : les étapes ne changent pas à 35 000 pieds
Les ablutions à bord suivent le même déroulement qu'à la maison. Ce qui change, c'est l'espace : un lavabo étroit, un robinet bas, un sol qui se mouille vite et des passagers qui patientent derrière la porte. L'objectif pratique consiste à accomplir un wudu correct tout en occupant les toilettes le moins longtemps possible.
La plupart des voyageurs retiennent l'un de ces deux moments. Certains font leurs ablutions à l'aéroport avant l'embarquement, puis s'efforcent de rester en état de pureté jusqu'à la première prière du trajet. D'autres utilisent les toilettes de l'appareil quand l'heure d'une prière arrive et que le signal de ceinture est éteint. Les deux solutions sont envisageables ; le meilleur choix dépend de la durée du vol et de la prière concernée.
Cette page explique comment faire le wudu dans une cabine. La conduite à tenir en l'absence d'eau relève d'un sujet distinct, le tayammum, et l'horaire comme l'orientation de la prière font l'objet de pages séparées.
Les étapes du wudu en rappel rapide
L'explication publiée par Dar al-Ifta d'Égypte décrit le wudu en plusieurs étapes. Elle constitue une bonne liste de contrôle à parcourir mentalement avant d'entrer dans des toilettes minuscules :
- Formuler l'intention dans le cœur et dire Bismillah.
- Laver les deux mains jusqu'aux poignets, la main droite en premier, trois fois, en faisant passer l'eau entre les doigts.
- Se rincer la bouche trois fois.
- Aspirer de l'eau dans le nez puis la rejeter, trois fois.
- Laver tout le visage trois fois, de la naissance des cheveux au menton et d'une oreille à l'autre.
- Laver chaque bras du poignet au coude, trois fois, en commençant par le bras droit.
- Passer les paumes mouillées sur la tête.
- Nettoyer l'intérieur et l'arrière des oreilles avec les doigts mouillés.
- Laver chaque pied jusqu'aux chevilles, le pied droit en premier, avec l'eau entre les orteils.
La même source énumère ce qui annule le wudu : les écoulements naturels, le sommeil et la perte de conscience. Les écoles juridiques divergent sur certains détails ; il convient donc de suivre la méthode de l'école que l'on pratique habituellement.
Aéroport ou avion : où faire son wudu ?
Avant l'embarquement
Les toilettes d'un aéroport offrent en général des lavabos plus larges et davantage de place au sol que celles d'un appareil, ce qui facilite le lavage complet des bras et des pieds. Mieux vaut repérer les sanitaires proches de la porte d'embarquement dès l'arrivée au terminal, plutôt qu'au moment de l'appel, quand les files sont les plus longues. Si le wudu est encore valable une fois assis à sa place, il est parfois possible de prier sans se déplacer.
À bord
Si le wudu est annulé pendant le vol, ou si le voyage a commencé sans ablutions, les toilettes de l'avion sont l'endroit habituel pour le refaire. Il faut d'abord se demander si l'heure de la prière touche à sa fin, car cela détermine le temps disponible. Il vaut mieux attendre un moment où le signal de ceinture est éteint et où l'allée n'est pas bloquée par un chariot de service.
Conserver son wudu lors d'un long trajet
Le sommeil peut annuler le wudu : un passager qui s'assoupit avant une prière doit donc s'attendre à le renouveler. Lorsqu'une sieste est prévue, il peut être judicieux de faire ses ablutions après le réveil plutôt qu'avant.
Utiliser un petit lavabo sans inonder les toilettes
Les lavabos d'avion sont conçus pour un lavage de mains rapide, non pour des ablutions complètes. Quelques habitudes rendent l'exercice gérable :
- Préparer ses vêtements d'abord. Remonter les manches au-dessus des coudes et relever les bas de pantalon avant d'ouvrir le robinet.
- Procéder par étapes. Terminer le visage, les bras et le passage des mains sur la tête au lavabo, puis s'occuper des pieds en dernier.
- Limiter les éclaboussures. Prendre l'eau dans le creux des mains plutôt que de laisser couler le robinet sur le sol, et garder un faible débit.
- Assurer son équilibre. Un sol mouillé et un appareil en mouvement font mauvais ménage. Ne jamais lever un pied dans le lavabo si cela n'est pas possible en sécurité ; certains voyageurs lavent les pieds avec de l'eau prise dans les mains, en s'appuyant contre la paroi, et d'autres recourent à une alternative validée par un savant, décrite plus bas.
- Emporter une petite serviette. Essuyer le bord du lavabo et l'eau tombée au sol pour ne pas laisser de flaque au passager suivant.
Certains conseils de savants destinés aux voyageurs mentionnent un petit vaporisateur ou des chaussettes conçues pour le wudu. Savoir si ces accessoires conviennent à sa pratique relève de l'avis de son propre savant, et la compagnie peut imposer des règles sur ce qui passe les contrôles de sûreté : mieux vaut vérifier avant de faire ses bagages.
Essuyer les chaussettes : les conditions évoquées par les savants
Beaucoup de voyageurs se demandent s'ils peuvent essuyer leurs chaussettes au lieu de se laver les pieds dans une cabine exiguë. Sur ce point, les conditions posées par les savants comptent, et des chaussettes ordinaires ne sont pas automatiquement concernées.
Une fatwa publiée par Dar al-Ifta indique que la plupart des savants autorisent l'essuyage des chaussettes lorsque trois conditions sont réunies : elles sont assez épaisses et solides pour marcher avec, elles couvrent les parties des pieds qui devraient sinon être lavées, et elles ont été enfilées en état de pureté rituelle. Cette fatwa précise aussi que certains savants, dont les hanbalites, autorisent l'essuyage même sur des chaussettes fines, et qu'une personne confrontée à une réelle nécessité peut suivre cet avis plus souple sans être blâmée.
Les explications générales de Dar al-Ifta sur les ablutions ajoutent une limite de durée pour la personne qui est en état de wudu et porte des chaussures couvrantes : jusqu'à vingt-quatre heures, ou jusqu'à trois jours en voyage. Le vol compte-t-il ou non comme un voyage selon l'école suivie ? La question mérite d'être posée précisément.
Le conseil pratique est de trancher avant le jour du départ. Pour recourir à cette facilité, il faut choisir des chaussettes adaptées, les enfiler après un wudu complet et connaître les conditions. Il ne faut pas supposer que n'importe quelle paire portée par hasard convient.
Savoir-vivre et sécurité dans des toilettes partagées
Les toilettes d'un avion constituent un espace partagé et soumis à des règles de sécurité : les consignes de l'équipage passent avant tout.
- Regagner son siège quand le signal de ceinture s'allume ou quand l'équipage demande de s'asseoir, même si le wudu n'est qu'en partie accompli. Il sera possible de le reprendre ensuite ; la manière de traiter des ablutions interrompues est à demander à son savant.
- Ne pas utiliser les toilettes lorsque l'équipage demande à tous de rester assis pour le décollage, l'atterrissage ou des turbulences.
- Rassembler ses affaires et connaître son plan avant d'entrer, afin de ne pas rester dans la cabine plus longtemps que nécessaire.
- Ne pas bloquer l'office ni l'allée en attendant. Quand plusieurs personnes patientent, d'autres peuvent avoir un besoin urgent.
- Laisser le lavabo et le sol aussi propres qu'à l'arrivée et jeter les serviettes en papier à la poubelle.
Si les vêtements sont humides, mieux vaut vérifier la température de la cabine avant de retourner à sa place, surtout lors d'un vol de nuit où il peut faire plus frais.
Quand le wudu n'est pas possible
Il existe des situations où un passager ne peut vraiment pas utiliser l'eau : une maladie, des toilettes verrouillées ou hors service, ou des turbulences qui maintiennent tout le monde assis jusqu'à la fin presque complète du temps de la prière. Il s'agit alors d'une question religieuse différente de la simple gêne, et la taille du lavabo ne suffit pas à la trancher.
Il ne faut pas décider dans l'instant. Avant le départ, il est préférable de demander à un savant qualifié ce qui s'applique à sa situation, notamment si et quand les ablutions sèches sont valables et si la prière doit être refaite plus tard. Un guide séparé sur le tayammum en explique le principe général, mais les avis individuels appartiennent à un savant qui connaît les circonstances de chacun.
Liste de contrôle : le wudu lors du prochain vol
- Décider avant le départ si les ablutions se feront à l'aéroport, à bord, ou aux deux endroits.
- Repérer les toilettes proches de la porte d'embarquement dès l'arrivée.
- Vérifier quelles prières tombent pendant le voyage et de combien de temps on disposera.
- Choisir chaussettes et vêtements en fonction de son plan, et enfiler les chaussettes après le wudu si l'on compte les essuyer.
- Prévoir une petite serviette ou des mouchoirs pour le lavabo et le sol.
- Connaître l'avis de son savant sur l'essuyage des chaussettes, les ablutions interrompues et la conduite à tenir sans eau.
- Attendre l'extinction du signal de ceinture et regagner son siège quand cela est demandé.
- Laisser les toilettes propres et se montrer attentif à la file d'attente.
- Enregistrer par écrit les réponses du savant sur le téléphone, pour les relire hors connexion pendant le vol.
Questions fréquentes
Peut-on faire le wudu dans les toilettes d'un avion ?
Oui, les toilettes d'un avion disposent d'un lavabo avec eau courante et de nombreux voyageurs y font leurs ablutions. Il convient de rester soigneux, d'employer peu d'eau et de suivre les consignes de l'équipage sur les moments où la cabine peut être utilisée.
Faut-il refaire le wudu avant chaque prière lors d'un long vol ?
Pas nécessairement. Selon l'explication publiée par Dar al-Ifta, le wudu reste valable jusqu'à ce que quelque chose l'annule : un écoulement naturel, le sommeil ou la perte de conscience. Si rien de tel ne s'est produit, il est possible d'être encore en état de wudu à la prière suivante. Un savant peut conseiller dans les cas limites, comme une courte sieste.
Peut-on essuyer ses chaussettes au lieu de laver les pieds en avion ?
Beaucoup de savants autorisent l'essuyage de chaussettes assez solides pour marcher, couvrant la zone normalement lavée et enfilées en état de pureté. Certains l'admettent même avec des chaussettes fines. Les conditions varient : mieux vaut interroger son savant avant de compter sur cette facilité pendant un vol.
Que faire si le signal de ceinture s'allume pendant le wudu ?
Il faut regagner son siège dès que l'équipage ou le signal l'exige. Les consignes de sécurité priment sur l'achèvement des ablutions à cet instant. Il est conseillé de demander au préalable à un savant comment poursuivre en cas d'interruption, et s'il faut recommencer ou reprendre là où l'on s'est arrêté.
Vaut-il mieux faire le wudu à l'aéroport avant l'embarquement ?
C'est souvent plus facile, car les toilettes d'aéroport sont plus grandes et moins contraignantes. Les ablutions faites sur place font gagner du temps à bord. Tout dépend de la durée de l'attente et de la possibilité de rester en état de wudu jusqu'à la prière ; beaucoup de passagers prévoient donc de les faire aux deux endroits si nécessaire.






