Partir de la position, non de l'horloge affichée
L'horloge de l'écran du siège peut afficher l'heure de l'aéroport de départ, celle de la destination ou un mélange qui varie pendant le vol. Rien ne garantit que l'une d'elles décrive l'endroit où se trouve l'avion à cet instant. Les horaires de prière dépendent du soleil : la question porte donc sur la position et les conditions solaires, pas sur ce que montre l'écran.
Ce que représente réellement l'horloge
Avant d'utiliser une heure comme référence, il faut savoir ce qu'elle désigne. De nombreux écrans de carte mobile donnent l'heure locale à l'origine et à la destination, ainsi que le temps restant avant l'arrivée. Le téléphone peut aussi basculer sur l'heure du réseau en se reconnectant, ce qui prête à confusion en vol. Mieux vaut noter quelle heure est utilisée, et pourquoi.
Les sections suivantes expliquent comment organiser chaque étape du voyage, du sol au départ jusqu'au sol à l'arrivée, ainsi que la conduite à tenir entre les deux.
N'utiliser les horaires d'aéroport qu'au sol
Un tableau d'horaires local est exact pour la ville pour laquelle il a été calculé. Au départ et pendant les correspondances au sol, il peut être exactement ce qu'il faut, puisque l'on se trouve dans ce lieu.
Pourquoi il ne vaut pas pour tout le vol
Une fois en l'air, l'avion traverse différentes longitudes et latitudes. La position du soleil par rapport à l'appareil change bien plus vite que pour une personne au sol : le tableau du départ ne peut donc pas s'appliquer heure par heure le long de la route, et celui de l'arrivée non plus.
Usage raisonnable au sol
- Consulter les horaires de la ville de départ avant de quitter le domicile.
- Les revérifier à chaque correspondance, car la date et le fuseau horaire peuvent différer.
- Noter les horaires de la ville d'arrivée afin de pouvoir prier peu après l'atterrissage si nécessaire.
Ces points fixes servent d'ancrages ; le vol se planifie entre eux.
Ce que dit la règle fondée sur le soleil
Les savants et les institutions donnent des avis variés, et ce qui suit reprend seulement ce que disent deux sources publiées. Une fatwa de Dar al-Ifta d'Égypte confirme que la prière dans un avion est permise, que la station debout est requise lorsqu'on en est capable, et que la prière assise est admise si l'on craint que le temps ne s'achève et que l'on ne trouve pas d'endroit convenable pour prier debout. Cette fatwa ne fixe pas de règles distinctes pour les horaires de prière en vol ; sa seule condition de temps est la crainte que le temps de la prière n'expire.
Les indications publiées par le bureau du grand ayatollah Sistani précisent que, là où le jour et la nuit se distinguent clairement, les horaires de prière et de jeûne suivent le lever et le coucher du soleil, même si cela rend les prières plus fréquentes ou les jeûnes plus longs ou plus courts. Elles ajoutent que là où le soleil ne se couche ou ne se lève pas pendant des jours ou des mois, le musulman doit, par précaution, suivre les horaires de la ville la plus proche où existe une alternance normale du jour et de la nuit, et que les horaires d'observatoires peuvent être retenus si la personne leur fait confiance.
Ces deux sources relèvent de traditions différentes, avec des détails différents : il convient de suivre l'autorité que l'on suit habituellement et de demander à un savant qualifié comment l'appliquer à son itinéraire.
Vérifier ce que calcule réellement un outil de bord
Une application de téléphone intitulée horaires de prière n'est pas forcément capable de connaître la position en vol, l'altitude ou la méthode de calcul que l'on suit. Certaines utilisent la dernière localisation connue du téléphone, d'autres exigent une connexion de données, d'autres encore reposent sur un réglage par défaut que l'on n'a jamais choisi.
Questions à poser à toute application ou tout écran
- Utilise-t-elle ma position actuelle, ou le dernier endroit où mon téléphone était connecté ?
- Peut-elle fonctionner hors ligne et en mode avion ?
- Quelle méthode de calcul emploie-t-elle pour le fajr, l'isha et la prière de l'après-midi ?
- Tient-elle compte de l'altitude, ou seulement d'un point au sol ?
- Que fait-elle aux latitudes élevées ?
Une méthode utile doit tenir compte de la route et des choix de calcul religieux que l'on suit. Sans réponse à ces questions, l'outil doit être considéré comme une approximation et non comme une preuve. Il faut le comparer à ce que l'on voit par le hublot et demander à un savant quelle source il est permis de retenir.
Tenir compte de fenêtres qui changent vite
Voyager vers l'est raccourcit la journée solaire et voyager vers l'ouest l'allonge. Sur un long vol traversant de nombreux fuseaux horaires, l'intervalle entre une prière et la suivante peut être très différent de celui auquel on est habitué chez soi.
Routes vers l'est et hautes latitudes
Lors d'un vol vers l'est, la nuit peut tomber plus tôt que ne le laisse penser l'horloge d'arrivée. Près des pôles, le crépuscule peut durer très longtemps, voire ne pas finir à certaines saisons, ce qui rend le calcul moins intuitif. Les indications de Sistani citées plus haut donnent une règle de précaution pour les lieux où le soleil ne se lève ou ne se couche pas pendant de longues périodes, mais savoir si elle s'applique à un vol, et comment, est une question pour son savant.
Ne pas inventer d'intervalle
Il vaut mieux éviter de fixer un intervalle horaire régulier entre les prières sous prétexte que cela paraît net. Il est préférable de préparer l'ordre des prières avant le départ, de noter la fenêtre probable de chacune au sol aux deux extrémités et de demander à son conseiller religieux comment traiter toute incertitude en cours de route.
Direction, posture et recours à l'équipage
L'horaire n'est qu'une partie du sujet. Il faut aussi connaître la direction de la prière et savoir si l'on peut se tenir debout. Les indications publiées de Sistani permettent au voyageur qui ne peut déterminer la qibla de se tourner vers la direction qu'il juge la plus probable, et précisent qu'il est possible de s'adresser à un membre du personnel de cabine, qui peut à son tour interroger le pilote. Elles autorisent aussi l'usage d'une boussole ou d'outils similaires si l'on est convaincu de leur exactitude.
La fatwa de Dar al-Ifta indique que la station debout est un pilier de la prière lorsqu'on en est capable, et que la prière assise est permise si l'on craint que le temps ne s'achève et qu'il n'existe pas d'endroit convenable pour prier debout. Certaines compagnies autorisent la prière dans un office ou près d'une issue lorsque le calme règne ; il faut demander poliment et ne pas bloquer les allées.
Les explications détaillées sur la posture et la direction figurent dans les pages sur la prière assise et sur les horaires de prière et la qibla en vol : cette page se limite à la question du moment.
Prévoir un plan hors ligne et le réviser
La connexion n'est pas garantie en avion, et certains téléphones perdent les services de localisation en mode avion. Il faut donc se préparer pour ne pas dépendre d'une connexion en direct.
Ce qu'il faut enregistrer avant l'embarquement
- Les horaires de prière de la ville de départ, de chaque ville de correspondance et de la ville d'arrivée.
- La date et le fuseau horaire de chacune, écrits clairement.
- Le nom de la méthode de calcul que l'on suit.
- Une courte note de son savant si l'on a posé la question pour son itinéraire.
Réviser après tout changement
Un retard, un déroutement ou un changement de route peut faire passer le vol de l'autre côté d'un lever ou d'un coucher du soleil. Le plan doit alors être mis à jour. Des notes claires sur le lieu, la date et le fuseau horaire évitent de prendre l'horaire de la maison, resté en mémoire, pour une information sur l'endroit où l'on se trouve.
Lorsque le jeûne fait partie du voyage, les pages distinctes sur le jeûne à travers les fuseaux horaires et sur la rupture du jeûne en vol traitent ce volet. Le choix d'horaires de départ qui évitent des fenêtres de prière malcommodes est abordé dans le guide pour choisir son horaire de vol.
Liste de contrôle et conduite à tenir en cas de doute
Cette liste est à utiliser avant et pendant le vol.
- Identifier ce qu'affiche l'horloge du siège.
- Enregistrer les horaires de chaque ville de la route, avec les dates.
- Vérifier la méthode de l'application et si elle fonctionne hors ligne.
- Noter où tombent les fenêtres de prière probables par rapport à l'embarquement, au décollage et à l'atterrissage.
- Convenir avec un savant de la source à laquelle se fier pour un itinéraire inhabituel.
- Prévoir où prier et si l'on peut se tenir debout.
En cas de doute en vol
Si l'on ne parvient pas à savoir si l'heure d'une prière est venue ou passée, il ne faut pas céder à la panique. On utilise la meilleure information disponible, comme la vue du hublot et les notes enregistrées, et l'on prie dans le temps que l'on estime exact. La fatwa de Dar al-Ifta fait de la crainte de l'expiration du temps la condition de la prière assise, et les indications de Sistani admettent le recours aux horaires d'observatoires de confiance lorsque le soleil ne peut pas être observé. Après l'atterrissage, il convient de demander à son savant comment traiter une prière dont l'heure n'a pas pu être établie avec certitude.
Questions fréquentes
Quel fuseau horaire utiliser pour la prière dans l'avion ?
La prière suit le soleil : ni l'horloge d'origine ni celle de destination n'est décisive en l'air. Les horaires du sol servent tant que l'on est dans un aéroport ; pour le vol lui-même, il faut suivre la méthode acceptée par son savant. Il est utile de noter le fuseau horaire de chaque source employée pour ne pas les confondre.
Les applications de prière fonctionnent-elles en mode avion ?
Certaines oui, d'autres non. Celles qui stockent les horaires hors ligne peuvent afficher des tableaux enregistrés, mais ignorer la position en vol. Avant le départ, il faut vérifier les réglages de l'application, télécharger les horaires de chaque ville et s'informer de la méthode de calcul. Le résultat doit être pris comme une aide, non comme une preuve.
Peut-on prier assis dans l'avion ?
Dar al-Ifta indique que la station debout est un pilier lorsqu'on en est capable. Elle admet la prière assise si l'on craint que le temps ne s'achève et que l'on ne trouve pas d'endroit convenable pour prier debout. Les règles varient selon les écoles : un savant qualifié dira comment elles s'appliquent à son siège et à son vol.
Comment trouver la qibla en vol ?
Selon Sistani, il est possible de demander à un membre du personnel de cabine, qui peut interroger le pilote, et d'utiliser une boussole si l'on s'y fie. Si la direction reste introuvable, ces indications permettent de se tourner vers celle que l'on juge la plus probable. Sur ce point, il faut suivre sa propre autorité.
Que faire si le soleil ne se couche pas normalement sur ma route ?
Sur les routes aux jours ou aux nuits très longs, les horaires ordinaires peuvent ne pas s'appliquer. Les indications de Sistani suggèrent, par précaution, de suivre la ville la plus proche où le jour et la nuit alternent normalement lorsque le soleil ne se couche ou ne se lève pas pendant de longues périodes. Il faut interroger son savant avant le voyage.






